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■ Nov.20.2010
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■ Nov.20.2010
Ko Murobushi, danseur borderline
Par Basile Doganis
Ko Murobushi est un danseur des limites : état limite, personnalité limite – borderline.
Dépassement des limites, transgression des limites, mais aussi assomption et glorification des limites.
La
limite est un bord provisoire – Edge, concept clé de
l’esthétique de Murobushi, dont il a également
affublé sa troupe masculine.
Un horizon : ligne
claire, tranchante, qui délimite, et qui reste
indéfiniment mouvante, illimitée. C’est pour lui un fil
d’Ariane – Ariadone,
autre référence clé,
dont il a affublé sa troupe féminine, fondée avec
Carlotta Ikeda – guide infaillible dans le labyrinthe des possibles, et
pourtant malléable, souple, informe comme l’air, l’eau, la terre
ou le feu.
Un danseur des lisières – interstices,
crêtes, entre-deux. A la fois ici et là, là
où ici devient là. Passage à la limite, selon une
mathématique infinitésimale du mouvement.
Cette
topologie, d’abord intérieure et subjective, se répercute
aussi chez Murobushi dans une géographie spatiale, dans un
rapport très particulier à l’espace, aux territoires, aux
cultures. Eternel nomade, son nom (Kô, 鴻) désigne l’oie
des moissons, oiseau migrateur au vol puissant : « Les
danseurs sont changeants, et ne passent jamais toute une saison au
même endroit. Toujours, ils se déplacent. Et la saison,
elle aussi, se déplace. S’il peut leur arriver de ne voyager que
dans le printemps, au cours d’une année, il leur arrive aussi
d’être ces voyageurs de l’hiver en déplacement, comme
poursuivis, d’un hiver à l’autre, par l’hiver. Ceux qui sont
dans le déplacement sont dans la pensée. La danse est
voyage. D’une demeure d’emprunt vers une autre demeure. Errance. Un
voyage-vers-un-voyage ».
Dans sa manière de
toujours revenir à l’essence même de la danse, qui est
mouvement, on conçoit que Murobushi soit naturellement
arrivé à un mode d’être en mouvement
perpétuel, nomade, traversé d’errance. Mais cette errance
n’est pas seulement physique, elle renvoie également à
une géographie mentale et charnelle – comment créer une
rupture, un bord, une lisière à même son corps et
sa conscience ? Comment inlassablement faire du
« point » où l’on se trouve – dans sa
pensée, dans sa carrière, dans son parcours – une
lisière, un horizon ouvrant sur un par-delà ?
« Exposé a une incessante transformation. Etre
toujours détruit, reprendre forme à nouveau. Souffrir,
être mis en lambeaux, mourir, et cependant renaître
à la vie ».
Ainsi, on
comprend aisément la fascination de Murobushi pour la figure de
la momie. Après avoir été bouleversé par la
performance de Tatsumi Hijikata – cet autre danseur des limites et des
lisières – dans la pièce mythique
« L’insurrection de la chair » (1968), Murobushi
se forme un temps au butô auprès de son fondateur de
génie. Mais très vite, dès 1970, il se lance dans
une expérience ascétique dans les montagnes
sacrées du Nord du Japon, où il sera frappé par
l’intensité paradoxale de vie dégagée par les
momies japonaises – ces moines bouddhistes naturellement
momifiés par leur seule ascèse faite de jeûne et de
méditation, encore visibles dans certains temples aujourd’hui
des siècles après leur mort.
La momie est une
créature de lisière par excellence, en ce qu’elle
déplace la frontière même entre la vie et la
mort : après des années de jeûne où le
corps se dessèche progressivement et se libère des
toxines qui accélèrent le pourrissement du corps,
l’ascète se retrouve dans un état de quasi-hibernation,
son métabolisme et sa respiration ne sont plus ceux d’un
être humain ordinaire. Il « meurt »
imperceptiblement, en pleine méditation, droit dans la position
du lotus, fossilisé, minéralisé de son vivant
même. Peut-on alors parler de mort ? Quand
survient-elle ? Marque-t-elle une vraie rupture dans la vie des
ascètes ? A voir ces créatures assises paisiblement,
la peau sur les os, immobiles, bravant les lois naturelles de la
décomposition du corps, on les croirait juste assoupies, vivant
toujours mais au ralenti, respirant peut-être encore une fois ou
deux par an. Murobushi ne s’intéresse pas à la dimension
religieuse ou mystique de ces êtres, juste à leur
intensité de vie, à ce rapport terrible à la
limite, à la mort intégrée, digérée,
subsumée à même la vie. Il leur rendra hommage dans
sa « danse de la momie », également
saluée par Hijikata lui-même de manière poignante
dans ses écrits. Et toute son œuvre et son enseignement seront
marqués par le sceau de la césure, de la capacité
du corps à suspendre en lui, plus ou moins longtemps, la vie et
la mort.
Exercice de respiration typique des stages de
Murobushi : pendant le mouvement, suspendre l’inspiration ou
l’expiration un instant, pour quelques secondes. Créer du
« zéro » – trou noir, hiatus,
syncope – dans le « huit » perpétuel de la
continuité organique, de l’infini mouvement respiratoire.
Hijikata parlait de « corps mort » ou de corps
neutre, enjoignant à ses danseurs de se dresser à partir
du corps mort, pour le débarrasser de tout ce qui aurait trait
à une quelconque gestuelle habituelle. Apprendre consisterait
d’abord à désapprendre, à retrouver dans son corps
une impossible virginité motrice. « La danse est
à la limite de ne rien faire ».
Comment un
danseur aussi iconoclaste, sans répertoire technique, sans
œuvre, peut-il enseigner, transmettre – ce qu’il fait depuis
toujours ? Même pour ce qui est de la
référence au « butô », si
Murobushi n’a aucun mal à dire toute sa dette de cœur et
d’esprit à son maître Hijikata, il ne se sent pas à
l’aise avec les filiations – rompant par là avec une tradition
extrêmement forte dans les arts de scène japonais
(nô, kabuki) de filiation et de continuité fidèle
dans la transmission. Chaque individu crée sa propre danse, y
compris Hijikata ou Murobushi, et ne saurait la transmettre. C’est en
ce sens que le critique de danse Tatsurô Ishii considère
Murobushi comme le dépositaire non pas de la lettre du
butô (ses formes et ses techniques), mais de son esprit, de son
essence.
Les danseurs qui croisent la route de Murobushi n’en
sortent pas indemnes, comme peuvent en témoigner les formations
du CNDC ayant participé à ses stages en 2006 et 2008. Il
s’agit d’une expérience intense, qui se décante dans le
temps, à très long terme, comme une initiation virale
sans point d’arrivée – visant une lisière, un horizon.
Murobushi ne transmet ni formes ni contenus : les exercices et le
travail sont des lieux d’expérimentation du rapport au corps et
à la danse, un laboratoire où les danseurs, par errances
et déambulations, apprennent à se rapprocher de leur
propre horizon.
■ April.20.2009
Welcome to the Performance in Keio University Hiyoshi Campus !!
HYPERLINK http://www.art-c.keio.ac.jp/event/log/304.htm
International Butoh Work in Progress
‘Murobushi, Montet, Charmatz – Champs magnétiques, ou Nostalgie cosmique’
Les Champs Magnétiques

May 28, 2009 (Thu.), 19:00- [16:00- Dance Film screening]
no admission
Keio University Hiyoshi Campus Raiosha event terrace
4-1-1, Hiyoshi, Kouhoku-ku, Yokohama-shi
[Tokyu-Toyoko Line Hiyoshi station]
access map HYPERLINK http://www.keio.ac.jp/ja/access/index.html
Tel: 03-5427-1621 Fax: 03-5427-1620
■ February.14.2009
‘Murobushi, Montet, Charmatz – Champs magnétiques, ou Nostalgie cosmique’
I will co-star with Boris Charmatz in the “Beppu Contemporary Art Festival 2009 'Mixed Bathing World' .
May 24.2009
Beppu International port for sightseeing
2,000yen/2,500yen
http://www.mixedbathingworld.com/event/archives/item_109.html
◎INTERNATIONAL COLLABORATION
« Murobushi, Montet, Charmatz – Champs magnétiques, ou Nostalgie cosmique »
Qu’est-ce au fond que la folie de la danse, l’atmosphère de la danse ?
Et toute chose : le devenir d’un instant hybride, un devenir ultime,
délicat, d’une occurrence unique en une vie, un devenir totalement éphémère.
La rareté, l’étrangeté de la rencontre BBK (Bernardo [Montet],
Boris
[Charmatz], Ko [Murobushi]), promet des métamorphoses,
déjoue les attentes de l’événement.
(de
Bouddha et du soleil [caractères respectifs, en japonais,
des mots « France » et « Japon »])
magnétisme=animal=les incidents que sont l’atmosphère et les champs magnétiques.(Murobushi)
■ February.04.2009
Emmanuelle Huynh(CNDC Angers-Director, Dancer,
Choreographer)
and Ko Murobushi in Tokyo.
http://www.institut.jp/LettreInformation/090128/index_j.htm
http://www.institut.jp/agenda/evenement.php?evt_id=1320
February 7.2009 18 o'clock Saturday
Tokyo Japan-France school Espas image
French & Japanese(simultaneous interpreter addition)
It is a program as the talk of active worldwide dance person and
Murobushi in addition to the excerpt presentation of 'Priest's
afternoon' of presentation and Nijinsky of 'Flower arrangement
project' is done piled a lot.
The admission fee is free.
Please participate.
■2008.09.22 より
フランス・アンジェにてワークショップ開講決定。
■2008.08.01
ウィーンにて『quick silver ImPulsTanz version』公演。
■June 20, 2008
Ko Murobushi “White of Blankness”” - Momozaru(Peach Monkey)of Kumi Machida
Art Top, June 20, 2008, Geijutsu Shimbun Sha
■March 21, 2008
Ko Murobushi, “Tatsumi Hijikata - 80th anniversary - fragments”
Corpus, No.4, March 21, 2008